Le nouveau projet de Housemarque, Saros, ne se contente pas de marcher dans les traces de Returnal, il en redéfinit les contours. Le studio finlandais propose ici ce qui pourrait bien devenir l’exclusivité PS5 la plus marquante de 2026 : un roguelite nerveux et foisonnant, dont l’intensité visuelle et la vivacité sont difficiles à décrire sans tomber dans l’exagération.
Un monde cauchemardesque
Dès les premières minutes, le joueur est happé par Carcosa, un monde extraterrestre fascinant et oppressant. À chaque éclipse solaire le décor se transforme : une lumière dorée envahit l’environnement, et une teinte ambrée enveloppe chaque surface d’une chaleur presque mystique. L’équipe artistique de Housemarque semble puiser son inspiration dans de nombreuses grandes références de la science-fiction : on perçoit des influences biomécaniques rappelant Giger (l’homme derrière les Xenomorphes d’Alien), des échos aux civilisations anciennes et mythiques d’un certain H.P. Lovecraft, ou encore l’atmosphère solaire intense évoquant Sunshine. L’ensemble donne naissance à un univers hanté, peuplé de colonies en ruine, de structures alien énigmatiques et de traces d’humanité en perdition.
Au cœur de cette expérience se trouve Arjun Devraj, incarné par Rahul Kohli. Contrairement à Selene dans Returnal, dont la psychologie restait volontairement opaque, Arjun possède des motivations claires et directes qui rendent le récit immédiatement plus accessible. Là où le précédent jeu maintenait une certaine distance avec son héroïne, Saros invite à s’y attacher. La performance de Kohli se distingue particulièrement, portée par une mise en scène plus riche : cinématiques, quêtes secondaires et événements aléatoires participent à faire avancer l’histoire, même en cas d’échec. Le récit ne rivalise pas avec les sommets narratifs du jeu vidéo, mais il accompagne efficacement la boucle de gameplay, et c’est bien là l’essentiel.

Returnal 2.0
Sur le plan du gameplay, Saros adopte une vue à la troisième personne dans un déluge constant de projectiles digne des plus grands bullet hell. L’écran se remplit d’attaques aux rythmes variés, et la seule réponse viable est le mouvement permanent. Les esquives offrent cependant une brève invulnérabilité, transformant chaque affrontement en une sorte de danse millimétrée. Bien que ces mécaniques soient héritées directement de son ainé, Returnal, une nouveauté notable vient cependant enrichir ce système : un bouclier, dont le rôle sera de vous protéger de certains types de projectiles, tout en vous offrant la possibilité de renvoyer leurs dégâts sur vos oppresseurs.

Le rythme global constitue également une évolution majeure. Les longues sessions de 90 minutes qui caractérisaient Returnal ont été réduites à environ 30 minutes, rendant les parties plus accessibles et favorisant l’envie d’enchaîner les tentatives. Un système de difficulté modulable ouvre également davantage le jeu à ceux qui avaient été rebutés par l’exigence du précédent opus, tout en conservant un défi satisfaisant pour les habitués. Là où Returnal semblait parfois tester la persévérance du joueur, Saros adopte une approche plus accueillante. Si Returnal imposait ses règles, Saros cherche davantage à établir un équilibre avec le joueur, tout en poussant l’expérience encore plus loin.

Au final, Saros illustre parfaitement ce que peut être une suite ambitieuse : non pas une simple amélioration, mais une relecture complète de son prédécesseur. Là où Returnal posait les bases, Saros les transcende. Entre maîtrise technique, direction artistique remarquable et interprétation marquante, le jeu s’impose comme une œuvre forte, capable de s’illustrer bien au-delà de son genre. Alors si l’aventure cauchemardesque de Saros vous tente, sachez que le jeu sort dès demain, le 30 Avril !
