Certains jeux vidéo se contentent de divertir quelques heures. D’autres, plus rares, s’imposent durablement, s’accrochent à votre esprit et refusent d’en sortir. Pragmata fait clairement partie de cette seconde catégorie et on vous explique pourquoi.
Une attente longue… mais récompensée
Peu de joueurs auraient parié sur un tel impact. Entre un développement qui s’est étiré sur plusieurs années, des reports successifs et une communication quasi inexistante, le projet semblait presque abandonné. Pourtant, contre toute attente, le résultat justifie pleinement cette patience prolongée.
L’histoire s’ouvre sur la Lune. Hugh Williams, ingénieur spécialisé en systèmes, est envoyé dans une station de recherche devenue soudainement muette. Sur place, aucun survivant… à l’exception de Diana, une fillette qui se révèle être un androïde. Isolés dans un environnement devenu instable, ils n’ont d’autre choix que de coopérer pour espérer rentrer sur Terre.

Si ce point de départ évoque des classiques du genre, le jeu prend rapidement une direction plus subtile. Au-delà du décor futuriste, il construit une relation touchante entre deux êtres que tout oppose. Hugh n’est pas un héros idéalisé, mais un homme ordinaire, crédible, presque familier. Diana, de son côté, dégage une vitalité communicative qui fait vite oublier sa nature artificielle. Leur évolution commune donne au récit une profondeur émotionnelle inattendue.
L’identité visuelle constitue l’un des aspects les plus marquants de cette licence. La station exploite une matière appelée “lunafilament”, capable d’être transformée en n’importe quel objet via d’immenses imprimantes 3D. Lorsque l’intelligence artificielle perd le contrôle, le résultat devient spectaculaire et déroutant : paysages hybrides, structures inachevées, environnements irréels mêlant technologie et illusion.

On peut ainsi traverser une version fragmentée de Times Square reconstituée sur un sol lunaire, ou encore contempler des décors qui oscillent entre rétrofuturisme spatial et visions dystopiques. L’ensemble dégage une atmosphère à la fois étrange et fascinante.
Un gameplay qui sollicite autant les réflexes que la réflexion
L’originalité de Pragmata repose en grande partie sur son système de combat. Le joueur doit gérer simultanément deux actions complémentaires : contrôler Hugh dans l’affrontement physique (déplacements, esquives, tirs) tout en utilisant Diana pour pirater les ennemis via une interface en forme de grille.
Cette double mécanique, exécutée en temps réel, demande une véritable coordination. Une fois maîtrisée, elle crée un rythme unique, presque hypnotique. Le jeu enrichit progressivement ce système avec de nouvelles possibilités : modules de piratage aux effets variés, armes influençant directement la grille, adversaires capables de perturber vos actions.

Avec une durée d’environ 12 à 15 heures, le jeu fait le choix de la concision. Pas de contenu superflu ni d’étirement artificiel : l’aventure avance à un rythme soutenu. Un hub central permet d’améliorer son équipement et de débloquer de nouvelles options, tout en renforçant le lien avec Diana à travers de petites attentions.
Dans un paysage souvent dominé par des productions formatées, Pragmata assume pleinement son identité. Nouveau monde, mécaniques atypiques, narration émotionnelle : autant d’éléments qui auraient pu rebuter. Mais ce pari audacieux se révèle payant. Le résultat est un jeu à la fois original, accessible et profondément marquant.
