Après plusieurs années passées à chercher l’équilibre entre créations originales et suites à très gros budget, Pixar revient à l’une de ses licences les plus emblématiques avec un pari délicat : prouver que Toy Story a encore quelque chose à raconter plus de trente ans après ses débuts. Et contre toute attente, ce cinquième épisode réussit largement son retour !
Tradition contre modernité
Sous la direction d’Andrew Stanton, figure historique de la saga, ce nouvel opus choisit une voie inattendue : déplacer le centre de gravité du récit. Cette fois, Woody et Buzz ne sont plus les seuls moteurs de l’aventure.
Au cœur du film, Jessie prend enfin la place que la franchise lui promettait depuis longtemps. Désormais leader du groupe de jouets, elle voit son équilibre bouleversé lorsque Bonnie (la fillette qui les accueille depuis plusieurs films) reçoit une tablette connectée. Peu à peu, les jeux traditionnels perdent du terrain face aux écrans.
Le film aurait pu tomber dans une opposition simpliste entre technologie et imaginaire. Il prend pourtant une direction plus nuancée. L’arrivée de nouveaux personnages liés au numérique ouvre au contraire une réflexion plus large : ce ne sont pas les objets qui remplacent les jouets, mais les usages que l’on en fait.
Parmi ces nouveaux venus, plusieurs apportent un vrai souffle comique. Les échanges entre les jouets dits « classiques » et ceux issus du monde numérique créent certaines des séquences les plus drôles du film, avec une écriture qui retrouve le rythme et la spontanéité des meilleurs épisodes.

Woody et Buzz restent évidemment présents, mais avec une approche plus mesurée. Leur rôle n’est plus de porter seuls l’histoire : ils deviennent des repères qui accompagnent le renouvellement de la franchise.
Visuellement, l’ensemble impressionne. Les textures, les expressions des personnages et la variété des lieux témoignent du savoir-faire intact du studio. Pixar n’a plus rien à prouver, ils ont sût évoluer avec la technologie, et cela se ressent dans cet opus, plus de 30 ans après le tout premier film de la licence.

Mais tout n’est pas parfait pour autant. Certains thèmes rappellent des idées déjà abordées dans les précédents films et le démarrage demande un peu de temps avant de trouver son rythme.
Sans être le sommet absolu de la série, ce cinquième chapitre réussit ce que peu attendaient encore : justifier son existence et montrer que l’univers de Toy Story peut encore évoluer avec son époque sans perdre son cœur.
