Bien avant les complots sanglants et les dragons déchaînés de Game of Thrones, Westeros était déjà un territoire rude, traversé par des destins modestes et des héros en devenir. A Knight of the Seven Kingdoms nous ramène près de 90 ans avant la série culte, à une époque où les Targaryen règnent encore, où la magie s’estompe lentement, et où les légendes ne sont pas encore figées dans la pierre.
Un ton radicalement différent
Au cœur de ce récit, deux figures improbables : Ser Duncan le Grand, chevalier errant sans renom ni finesse, et son jeune écuyer Egg. Loin des palais et des intrigues de cour, la série s’attarde sur les bas-côtés du monde féodal : les chemins boueux, les tavernes enfumées, les combats mal payés et les idéaux naïfs.
Dès son ouverture, la série prend le contre-pied de Game of Thrones. Ici, pas de grande fresque tragique ni de tension permanente, mais une approche plus terre-à-terre, presque triviale. Le regard est volontairement abaissé : celui d’un palefrenier devenu chevalier, maladroit, souvent ridicule, mais animé par une droiture sincère.
L’humour, parfois abrupt et peu raffiné, participe à cette relecture du mythe : Westeros vu d’en bas. Peter Claffey incarne parfaitement ce Dunk massif et un peu simple, plus préoccupé par son prochain repas que par la gloire.
Une saga pensée pour durer
Derrière cette apparente modestie se cache pourtant une ambition colossale. Ira Parker, co-créateur de la série aux côtés de George R. R. Martin et déjà impliqué sur House of the Dragon, imagine A Knight of the Seven Kingdoms comme une œuvre au long cours. Son rêve : raconter l’intégralité de la vie de Dunk et Egg sur plusieurs décennies.

Parker évoque une structure audacieuse : des saisons produites par blocs, étalées sur près de trente ans, pour suivre les personnages tout au long de leur existence. Dans l’idéal, la série pourrait atteindre une douzaine de saisons, chacune explorant une nouvelle étape de leur parcours.
Cette confiance repose sur un élément central : la dynamique du duo. À l’image de Brienne et Podrick, Dunk et Egg fonctionnent avant tout par leurs échanges, leurs désaccords et leur complicité. Un moteur narratif simple, mais redoutablement efficace.

Pour l’instant, HBO avance avec précaution. Une deuxième saison est officiellement commandée, mais la chaîne se limite pour le moment à l’adaptation des trois nouvelles déjà publiées par George R. R. Martin. La première saison, composée de six épisodes, fait donc figure de prologue, posant les bases d’un univers et de personnages appelés à évoluer lentement.
Contrairement à Game of Thrones, la production affirme toutefois disposer d’un cadre narratif solide. Martin aurait partagé les grandes étapes canoniques de la vie de Dunk et Egg, ainsi que les grandes lignes de récits encore inédits, évitant ainsi le piège d’une série contrainte d’improviser sans matériau littéraire.

En s’éloignant de la fantasy spectaculaire pour privilégier l’humain, A Knight of the Seven Kingdoms pourrait dérouter une partie des fans. Mais c’est précisément ce changement de perspective qui fait sa force. Là où la saga mère s’est essoufflée, cette série choisit l’humilité, la durée et l’attachement progressif. Alors si vous voulez vous laisser tenter, la saison a inauguré son épisode 1 dans la nuit du 18 Janvier !
