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Culture

BŌSŌZOKU : Qui sont les motards de vos mangas favoris ?

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Que ce soit dans Great Teacher Onizuka ou encore la désormais très populaire série Tokyo Revengers, les bōsōzoku font partie intégrante de la culture nippone et surtout de son imagerie loufoque. Mais derrière les motos les plus extravagantes que vous ayez pu voir de votre vie, se cache un phénomène culturel ayant énormément marqué le Japon entre les années 60 et le début de notre millénaire.

Chapitre un : Kaminari Zoku (1950 à 1960)

focus sur les bosozoku

Pour comprendre l’origine des bōsōzoku, il faut comprendre le contexte dans lequel s’est créés les premiers groupes de motards.

L’apparition des premiers groupes de motards japonais ressemble étrangement à celle des premiers Motorcycle Club américains. Tout débute après la Seconde Guerre Mondiale, avec le retour des soldats japonais à la vie normale et principalement les kamikazes.

Point sur les kamikazes : Les Kamikazes étaient des soldats pilotes d’avion de la Marine Impériale Japonaise constitués de pilotes d’élites comme de jeunes volontaires non-expérimentés. Apparus en 1944, ils étaient formés dans le seul et unique but de mourir en écrasant leurs avions sur les cibles ennemies. Lors de leurs entraînements, les kamikazes sont préparés à la mort et tout avenir leur est impossible. L’honneur est généralement la raison principal pour ces soldats de se tuer pour leur pays. Environ 10.000 soldats meurent lors de ces missions suicides.

Le Japon, allié de l’Allemagne, perd la guerre et le pays en est largement affaibli, victime en plus des attaques nucléaires de Hiroshima et Nagasaki. Les kamikazes survivants reviennent à la vie active avec de grandes difficultés. Ils sont peu nombreux mais surtout vivent avec l’impression qu’ils auraient dû mourir à la place de leurs camarades et amis. Alors, certains d’entre eux vont se regrouper et rechercher les sensations fortes ainsi que l’esprit de fraternité imposé par un contexte de guerre. C’est ainsi que se forment les premiers groupes de motards japonais.

Ces groupes de motards seront appelés Kaminari Zoku | 雷族 , traduisible en “Clan/Groupe Eclair”, en lien avec la vitesse et le bruit de leurs véhicules. Ces survivants de la guerre n’auront que très peu de lien avec les bōsōzoku arrivés bien plus tard, mais ils les auront énormément influencés. En devenant motards et en formant des bandes, ces anciens soldats cherchaient alors à retrouver un certain esprit de la camaraderie qu’ils avaient rencontrés à l’armée. Mais aussi, des sensations fortes et peut-être de montrer qu’ils étaient bel et bien vivant. Bagarres, courses et modifications illégales… En somme, ils sont les parents de la future jeunesse rebelle.

Chapitre deux : L’Âge d’Or

focus bosozoku

Le Japon, à la fin des années 60, connaît une grande révolte étudiante prenant source dans un mal-être et désaccord de la jeunesse envers le gouvernement. Sous fond de révolte contre l’implication du Japon dans la guerre du Vietnam, une affaire très médiatisée de détournement de fonds d’une université ainsi que d’autres enjeux politiques et sociétaux.

©Bruno Barbey

Les années 60 voient les jeunes marginaux suivre les pas de leurs prédécesseurs : les Kaminari Zoku. Ils ne sont plus des survivants de guerres mais des adolescents rebelles à la recherche de sensation forte pour fuir une éducation très stricte. Fin 60’s, début 70’s, les groupes qui deviendront légendaires par la suite se forment tels que les Black Emperor, Specter, Route 20… Le Japon est alors rempli de différents gangs qui s’adonnent à des guerres de territoires.

Les jeunes profitent d’un marché de la moto en plein essor pour s’en offrir à bas-prix. Les plus riches se permettent de belles voitures. C’est ainsi que le mouvement des groupes de motards japonais grandit énormément. Ce sont les médias qui donnent le terme “bōsōzoku1et le généralisent. A cette époque, les tokkōfuku ne sont pas encore un élément de style mais un uniforme de combat porté que très rarement ; lors des grandes occasions tels que des rassemblements ou des règlements de comptes. On s’habille en cuir ou en bomber.

L’influence des kamikazes se fait ressentir car les zoku arborent beaucoup d’éléments esthétiques propres à ces soldats. Le tokkōfuku était la tenue portée par les kamikazes en mission. D’autres éléments tels que le bandeau frontal hachimaki étaient portés pour se donner du courage comme le faisaient les kamikazes (et d’autres avant eux).

Chaque groupe a un fonctionnement unique, ayant parfois plusieurs branches lorsqu’ils sont imposants. Porter le même nom et emblème ne suffit pas à empêcher les guerres internes. Les leaders de bōsōzoku sont appelés “sōchō”, à ne pas confondre avec “banchō” désignant les chefs de lycée.

Les territoires sont définis par les routes qu’occupent chaque gang. Les gangs roulent sur ses routes lors de rassemblements, paradant en faisant un maximum de bruit pour gêner les habitants, et les bagarres commencent lorsqu’un gang empiète sur le territoire d’un autre. Des alliances se forment comme la très populaire “C.R.S” (Alley Cat’s, Route 20 et Specter du sud du Kanto), des rivalités naissent, des guerres se lancent.

Des combats d’une violence parfois extrême qui, pourtant, font très peu de morts comparé aux nombres de membres. La plupart des décès sont causés par des accidents de la route même s’il y a eu des cas d’homicide. Ces bandes sont ennemies, mais elles partagent toutes un rival commun : les forces de l’ordre. La police japonaise est très active pour contrer ce mouvement, mais rien n’y fait. Les bōsōzoku sont bien trop nombreux et rien ne peut les empêcher de vivre leur vie comme ils l’ont décidé.

Chapitre trois : Chute libre

Les années 80 commencent sur les chapeaux deux roues. En 1982, le nombre de jeunes intégrés dans un groupe bōsōzoku est le plus élevé de l’histoire : 42 500 (environ). Le mouvement a depuis longtemps conquis les campagnes. Le tokkōfuku2 devient un élément esthétique prisé et porté en toute circonstance. On y inscrit le plus de proverbes, le plus de broderie. L’important c’est d’avoir l’air classe sur sa moto, et montrer de quel groupe on appartient.

Les motos n’échappent pas à cette course à l’extravagance. Elles étaient avant modifier pour être plus puissante et faire plus de bruit, elles sont désormais aussi modifiées pour être vues. C’est le tuning zokusha | 族車. On ajoute de la couleur, des têtes de fourches surélevées, des selles “sandan” | 三段シート (long dosseret typique) et on modifie les guidons.

Ainsi, les bōsōzoku deviennent une mode. Des manga traitant de ces motards sortent, ainsi que des films, des documentaires et magazines… La violence, les guerres et les rassemblements bruyants continuent mais la jeunesse est fascinée par ses motards dangereux et rebelles.

Malheureusement pour eux, la police a amélioré ses techniques. Les policiers n’ont pas le droit de heurter un pilote, il était donc difficile d’en attraper. Ils roulaient donc avec des caméras placées devant le pare-brise pour filmer le plus possible de motards.

Ainsi, les jeunes au visage visible étaient fichés et retrouvés puis placés en garde-vue, et souvent en détention pour mineurs. Les forces de l’ordre commencent à prendre l’ascendant face à ce mouvement.

©Stuart Isett

Les groupes bōsōzoku étaient souvent liés à des clans yakuza. Ainsi, les yakuza se servaient de ses groupes comme vivier pour de futurs membres de leurs familles. Les jeunes étaient mis en lien avec des membres yakuza, faisant des petits boulots comme du trafic, et un avenir leur était promis, eux qui avaient en partie abandonné leur scolarité pour une vie de délinquance.

En 1992, une loi antigang visant les Yakuza les affaiblit énormément. Les bōsōzoku sont des victimes collatérales de cette loi, puisqu’elle touche à toute organisation criminelle. Ainsi, le mouvement bōsōzoku décline largement.

Yakuza manifestant contre la loi antigang de 1992

Mais ce n’est pas la seule raison. Les bōsōzoku sont désormais passés de mode, l’industrie de la moto japonaise se porte mal et les jeunes cherchent quelque chose de nouveau. Ils ne sont plus attirés par la moto comme ils le sont pour l’univers punk, grunge ou hip-hop.

Aujourd’hui, il existe encore des bōsōzoku très discrets et comptant peu de membres (7 200~). Certains nostalgiques de cette époque ont continué de modifier leurs motos et de rouler en groupe, sans la violence d’antan. On appelle ça le Kyushakai 3| 旧車會.

©I-Q Japan

On retrouvait dans ces groupes un esprit de camaraderie. Les membres d’un groupe de motards ne dépassent pas les vingt ans. C’est l’âge adolescent, les quatre-cents coups, la drague et la bagarre qui marque le plus ceux ayant vécu cette époque. Mais il ne faut pas négliger toute la violence, les femmes ayant été victime d’agressions sexuels, des familles déchirées par des décès causés par la conduite dangereuse et autres actions immorales. Tout n’est pas noir ou blanc.

Pour finir sur une belle chose, certains groupes avaient pour coutume lors des raids funéraires de rouler en portant des bouquets de fleurs pour rendre honneur aux défunts.

©Masayuki Yoshinaga

Conclusion

Nous sommes passionnés par cette époque, par leur style et par leurs magnifiques motos, et heureux de partager cette passion avec vous. Désormais, vous avez une idée plus précise de qui sont les bōsōzoku qui ont régner sur les routes japonaises pendant trois décennies.

Pour encore plus d’informations, on vous conseille fortement le manga Bakuon Rettō de Tsutomu Takahashi édité chez KANA mais aussi le documentaire Godspeed You! Black Emperor disponible légalement sur internet.

Rédigé par Buusozoku de l’équipe FuryoZoku.

  1. Note : bōsōzoku | 暴走族 “Gang à la conduite dangereuse / violente” 暴 : violence
    走 : Conduite 族 : Groupe (ou synonymes tels que gang, bande, clan…) ↩︎
  2. Note : tokkōfuku | 特攻服 = Tenue spécial d’attaque Tokkō | 特攻 : Attaque suicide (toujours en lien avec les Kamikazes) Fuku | 服 : Tenue / Vêtement ↩︎
  3. Note : Kyushakai | 旧車會 Kyusha | 旧車 : Véhicule Old School Kai | 會 : Rassemblement = Rassemblement de véhicule old school, motos dans ce contexte. ↩︎

FuryoZoku

Une team qui te parle de manga furyō, bōsōzoku et underground !

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6 Comments

6 Comments

  1. Surveillance

    6 février 2024 at 23h47

    solutions

  2. securitysolutions

    7 février 2024 at 16h02

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  3. securitysolutions

    7 février 2024 at 20h31

    “Well done!”

  4. Rastrear Celular

    8 février 2024 at 23h17

    O e – Mail não é seguro e pode haver links fracos no processo de envio, transmissão e recebimento de e – Mails.Se as brechas forem exploradas, a conta pode ser facilmente quebrada.

  5. securitysolutions

    9 février 2024 at 14h17

    “Bravo!”

  6. security solutions

    10 février 2024 at 6h24

    “Great job!”

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